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20. 9. 2012.
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Impunité pour les agents de l’Etat

Pakistan

L'ONU a regretté jeudi l'impunité totale dont bénéficient les agents de l'Etat pakistanais accusés d'enlèvements d'opposants présumés, souvent suivis de meurtres, alors que le gouvernement lui-même reconnaît leur implication dans près d'une centaine cas.

Impunité pour les agents de l’Etat

Le groupe de travail de l'ONU sur les disparitions forcées ou involontaires a conclu jeudi une visite de dix jours au Pakistan, la première de l'histoire de ce comité dans ce pays sur la ligne de front de la guerre contre le terrorisme, et meurtri par un conflit interne dans la province du Baloutchistan.

Des organisations de défense des droits de l'Homme accusent depuis des années les agents de l'Etat d'enlever des centaines de jeunes hommes soupçonnés de liens avec les partis sécessionnistes du Baloutchistan, région démunie socialement mais riche en hydrocarbures, frontalière de l'Afghanistan et de l'Iran.

Certains de ces militants présumés ont recouvré leur liberté après des mois ou des années en prison, mais bien d'autres ont été tués ou ont disparu.

La mission de l'ONU, pilotée par le Français Olivier de Frouville, a rencontré des ONG, des familles des victimes de ces disparitions et des membres du gouvernement, mais regrette que ses demandes d'entretien avec les chefs des puissants services de renseignements (ISI), de l'armée n'aient pas abouti.

Toutes les familles nous ont raconté des histoires différentes mais scandées par un certain schéma qui se répète, a dit à l'AFP M. de Frouville.

Selon les témoignages des familles récoltés par l'ONU, les victimes sont souvent enlevées dans des lieux publics par des policiers ou paramilitaires, accompagnés de membres des services de renseignements en civil.

Selon elles, depuis deux ans, on retrouve de plus en plus souvent les cadavres des victimes quelques semaines après leur enlèvement sur le bord de la route, dans des endroits déserts... Une pratique baptisée Tuer et jeter.

C'est un phénomène, d'après les témoignages, qui tend à s'accélérer, a souligné M. de Frouville.

Des cadavres de disparus au Baloutchistan ont été retrouvés avec des marques de tortures, au point que leurs familles ont dit avoir eu peine à les reconnaître.

Au printemps dernier, et pour la première fois, la Cour suprême a ouvert une brèche au chapitre des abus présumés de l'ISI, en lui demandant des comptes sur la détention prolongée de sept hommes après leur acquittement dans des affaires de terrorisme. L'affaire est en cours.

L'ONU note que le gouvernement reconnaît que ses agents sont impliqués dans moins de cent cas de ces disparitions forcées, en parlant de bavures.

Des sources locales consultées par l'ONU les chiffrent à 14.000, un écart donnant la mesure de l'ampleur du fossé qui sépare les autorités des victimes.

Selon HRW, au moins 300 personnes ont été enlevées, tuées et leur cadavres abandonnés au seul Baloutchistan depuis janvier 2011.

Il y a désormais une reconnaissance (de la part du gouvernement, ndlr) que des disparitions forcées ont eu lieu, qu'elles ont lieu aujourd'hui, souligne M. de Frouville. Mais même pour ceux-là, l'impunité demeure.

On nous a dit qu'il y avait des enquêtes en cours, mais lorsqu'on a demandé s'il y avait eu des condamnations, on n'a jamais reçu d'information à ce sujet... s'il y en avait eu on le saurait, explique-t-il.

Le comité de l'ONU doit rendre son rapport définitif en 2013.

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