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9. 3. 2012.
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Une réforme de la police s’impose

Haïti

La situation en matière de sécurité s'est améliorée en Haïti au cours des dernières années mais il est nécessaire de réformer la police pour garantir la paix et la stabilité dans le pays, a déclaré jeudi le chef de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) Mariano Fernandez, devant le Conseil de sécurité.

Une réforme de la police s’impose

Au cours des six derniers mois, la police de la MINUSTAH et la police locale ont mené 21.000 patrouilles conjointes et ont pris des mesures pour démanteler plusieurs bandes criminelles, des actions ayant permis de diminuer le taux de criminalité dans le pays, a indiqué M. Fernandez.

Pas moins de 18.000 agents de la police haïtienne sont en activité, a-t-il dit, un chiffre qui représente le triple des effectifs de 2004 mais reste insuffisant pour assurer la sécurité de 10 millions habitants.

M. Fernandez a annoncé la formation de 6.000 policiers supplémentaires à l'horizon de 2016, année de fin de mandat du Président haïtien Michel Martelly. Le Représentant spécial a expliqué que la violence politique a pratiquement disparu dans le pays, et le taux d'homicide est appréciable, en comparaison avec les chiffres des pays voisins. En ce 8 mars, marquant la Journée internationale de la femme, M. Fernandez a émis le vœu de voir la femme haïtienne avoir plus de place dans la société, et il a regretté qu'elle soit la principale victime d'une violence conjugale en hausse dans le pays.

Abordant la question de la remise en activité de l'armée haïtienne, il a précisé que la communauté internationale ne semblait pas disposée à soutenir ce projet du Président Martelly. Il a relevé que des élections seraient organisées en novembre prochain afin de renouveler les représentants du peuple. Il a en outre regretté que les prévisions de croissance, de l'ordre de 11% pour 2011, aient baissé à 4%. Il a expliqué que cette situation s'expliquait par les troubles d'ordre politique, et il a invité les différents acteurs politiques nationaux à s'unir, afin que les prévisions de croissance de 8% pour 2012 puissent être atteintes.

Le Représentant spécial a regretté la démission récente du Premier Ministre d'Haïti, Gary Conille. Il a noté que cet événement témoignait de la situation du pays en matière de gouvernance, laquelle contribue à saper les progrès dans la mise en route de la démocratie. Il s'est félicité de certaines avancées, notamment la mise en place de la Cour de cassation haïtienne, après cinq ans de procédure. Il a salué ce progrès majeur et a indiqué que la MINUSTAH avait permis la construction de 50 tribunaux de paix, et une trentaine de plus sont en projet.

Sur la question des droits de l'homme, M. Fernandez a souhaité l'amélioration des procédures judiciaires afin que des prévenus ne passent plus des années à attendre leur jugement. Il a également évoqué la situation des prisons vétustes et le problème des déplacés, au nombre de 515.000, qui n'ont toujours pas pu se reloger depuis le séisme de janvier 2010.

S'agissant de la situation sociale qui prévaut en Haïti, le Représentant spécial a relevé que 8 millions d'Haïtiens, sur une population de 10 millions, vivaient sans électricité. De plus, 8 Haïtiens sur 10 vivent avec moins de deux dollars par jour, tandis que 2% de la population contrôle 69% des richesses du pays. En outre, sur une population active estimée à 4,2 millions de personnes, moins de 200.000 personnes disposent d'un emploi stable, a indiqué M. Fernandez.

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